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Jurisprudence 2026 : ce que les victimes doivent savoir sur leurs droits à indemnisation

Une décision attendue comme rarement. Le 17 avril 2026, l’Assemblée plénière de la Cour de cassation rendra un arrêt qui pourrait transformer en profondeur la façon dont les tribunaux traitent la question de la faute de la victime en matière de dommage corporel. En attendant cette décision, les mois de décembre 2025 à mars 2026 ont été marqués par une série de jurisprudences importantes — au bénéfice des victimes. Tour d’horizon des évolutions à connaître.

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Une question de principe : la faute de la victime doit-elle toujours réduire son indemnisation ?

C’est la question soumise à l’Assemblée plénière de la Cour de cassation dans le pourvoi n° 23-20.005. Les faits sont marquants : un adolescent de 15 ans, participant à une colonie de vacances encadrée par une association, plonge dans une eau peu profonde et devient tétraplégique. La cour d’appel avait estimé qu’il avait commis une imprudence grave — et avait réduit son indemnisation de 60 %.

Autrement dit : cet adolescent, devenu tétraplégique à 15 ans lors d’une activité encadrée par des professionnels, n’obtenait réparation que de 40 % de son préjudice.

L’Assemblée plénière est saisie d’une question de principe : le partage de responsabilité entre l’auteur d’un dommage corporel et la victime doit-il être réservé aux seuls cas de faute particulièrement grave ?

Lors de l’audience du 13 mars 2026, l’avocat général a proposé deux pistes. La première maintient la jurisprudence actuelle, mais avec une appréciation renforcée de la faute — notamment pour les victimes mineures, dont la capacité à mesurer les risques doit être prise en compte. La seconde, plus ambitieuse, poserait que la faute non intentionnelle d’une victime mineure dans une activité encadrée par un professionnel assujetti à une obligation d’assurance ne peut réduire son droit à indemnisation.

Ces deux options conduisent toutes deux à la cassation de l’arrêt attaqué. La décision sera rendue le 17 avril. Elle est à suivre de très près.

À retenir
Si la Cour suit la seconde piste, les victimes mineures blessées lors d’activités encadrées (colonies, clubs sportifs, centres aérés) pourraient obtenir une indemnisation intégrale, quand bien même leur comportement aurait contribué à l’accident.

Prescription : une décision européenne qui change tout pour les victimes de médicaments ou dispositifs médicaux défectueux

La Cour de justice de l’Union européenne a rendu le 26 mars 2026 un arrêt majeur (LF c/ Sanofi Pasteur, C-338/24) qui remet en cause une jurisprudence française favorable aux victimes.

Jusqu’ici, la Cour de cassation retenait que le délai de prescription de trois ans pour agir contre le fabricant d’un produit de santé défectueux ne commençait à courir qu’à compter de la consolidation — c’est-à-dire le moment où l’état de la victime se stabilise.

La CJUE en a décidé autrement : ce délai court dès que la victime a connaissance du dommage apparu de façon certaine, du défaut du produit et de l’identité du fabricant. La consolidation n’est plus, par principe, le point de départ.

Concrètement, si vous avez été victime d’un médicament ou d’un implant défectueux, le délai pour agir court peut-être déjà, même si vos séquelles ne sont pas encore stabilisées.

La bonne nouvelle : cette même décision confirme que vous pouvez agir sur deux terrains distincts — la responsabilité du fait des produits défectueux, mais aussi la responsabilité pour faute si le fabricant a maintenu en circulation un produit dont il connaissait les dangers. Ces deux voies sont autonomes et cumulables.

À retenir
Si vous avez subi un dommage lié à un produit de santé (médicament, prothèse, dispositif médical), ne tardez pas à consulter. Le délai de prescription court potentiellement dès l’apparition de vos premiers symptômes.

Accident médical : ce que vous pouvez obtenir en plus du « pretium doloris »

L’indemnisation d’un accident médical ne se limite pas à la réparation de la douleur et des souffrances. Plusieurs décisions récentes le rappellent avec force.

Le défaut d’information ouvre droit à deux indemnités distinctes

Lorsqu’un médecin ne vous a pas informé d’un risque avant une intervention, vous pouvez obtenir deux réparations autonomes : d’une part, l’indemnisation de la chance perdue de refuser l’acte ; d’autre part, le préjudice d’impréparation — c’est-à-dire l’absence de préparation psychologique à la survenance du risque. Le tribunal judiciaire de Bordeaux l’a confirmé en mars 2026 (n° 23/05897), pour la première fois en matière dentaire. Ces deux postes s’ajoutent à l’indemnisation des conséquences corporelles.

Les proches d’une victime décédée peuvent obtenir plus qu’un préjudice moral

Le Conseil d’État l’a clairement posé le 31 décembre 2025 : lorsque le décès d’un proche provoque chez les parents une atteinte à leur intégrité psychique, les conséquences économiques de cet état — perte de revenus, incidence professionnelle — sont indemnisables. Le préjudice d’affection n’est pas un plafond.

L’offre provisionnelle de l’assureur ne vous lie pas

La Cour de cassation l’a réaffirmé en décembre 2025 (2e civ., n° 23-23.352) : si vous avez accepté une offre provisionnelle qui réduisait votre droit à indemnisation (par exemple en retenant une faute partagée), cette acceptation ne vous prive pas de contester ce partage devant le tribunal. Une quittance provisionnelle n’a aucune autorité définitive sur votre droit à réparation.

Infections nosocomiales et accidents médicaux non fautifs : la solidarité nationale reste mobilisable

En matière d’infection nosocomiale, le principe est clair et régulièrement confirmé : c’est à l’établissement de santé de prouver que l’infection ne vient pas des soins, et non à vous de prouver qu’elle en vient. Dès lors que vous avez contracté une infection au cours ou à la suite d’une hospitalisation, la présomption joue en votre faveur (Cass. 1re civ., 7 janvier 2026).

Par ailleurs, même lorsqu’aucune faute n’est caractérisée, l’ONIAM — l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux — peut prendre en charge votre préjudice au titre de la solidarité nationale, dès lors que les conditions de gravité et d’anormalité du dommage sont réunies. Une décision de la Cour administrative d’appel de Paris du 18 mars 2026 l’illustre bien : en l’absence de faute technique, 60 % du préjudice a été pris en charge par l’ONIAM, et 40 % par l’établissement au titre d’un défaut d’information.

Ce qu’il faut retenir

La jurisprudence récente confirme une tendance de fond : les droits des victimes de dommages corporels et d’accidents médicaux se renforcent progressivement, que ce soit sur le terrain de la prescription, de l’indemnisation des postes de préjudice, ou de la résistance aux tentatives des assureurs de limiter la réparation.

Ces évolutions sont techniques, souvent peu visibles, mais leur impact sur le montant de l’indemnisation peut être considérable.

Vous avez été victime d’un accident médical ou d’un dommage corporel ?

Le Cabinet Julé-Parade accompagne les victimes et leurs familles à chaque étape de leur parcours d’indemnisation.

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 Questions fréquentes

Qu’est-ce que le préjudice d’impréparation ?

Le préjudice d’impréparation est une indemnisation autonome reconnue par la jurisprudence lorsqu’un médecin n’a pas informé son patient d’un risque avant une intervention. Il répare l’absence de préparation psychologique à la survenance de ce risque, indépendamment de la perte de chance de refuser l’acte.

Peut-on contester une offre d’indemnisation provisionnelle acceptée ?

Oui. Selon la Cour de cassation (arrêt du 18 décembre 2025), l’acceptation d’une offre provisionnelle d’indemnisation ne vaut pas transaction et n’a aucune autorité définitive sur le droit à réparation de la victime. Elle peut donc être contestée ultérieurement, notamment si elle prévoyait un partage de responsabilité injustifié.

Comment fonctionne l’indemnisation par l’ONIAM ?

L’ONIAM (Office national d’indemnisation des accidents médicaux) indemnise les victimes d’accidents médicaux graves au titre de la solidarité nationale, lorsqu’aucune faute n’est caractérisée ou que la responsabilité d’un établissement ne couvre qu’une partie du dommage. La saisine de l’ONIAM passe par une Commission de conciliation et d’indemnisation (CCI).

La faute d’une victime mineure peut-elle réduire son indemnisation ?

C’est précisément la question soumise à l’Assemblée plénière de la Cour de cassation, dont la décision est attendue le 17 avril 2026. Selon les pistes envisagées, la faute non intentionnelle d’un mineur dans une activité encadrée par un professionnel pourrait ne plus réduire son droit à indemnisation. 

Quel est le délai pour agir contre le fabricant d’un médicament défectueux ?

Depuis l’arrêt CJUE du 26 mars 2026, le délai de prescription de trois ans court dès que la victime a connaissance du dommage apparu de façon certaine, du défaut du produit et de l’identité du fabricant — et non plus nécessairement à compter de la consolidation. Il est donc essentiel de consulter un avocat rapidement.

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