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avocat victime accident corporel Paris

DEPAKINE : un silence coupable ayant fait 14.000 victimes

Lu dans la presse : Dans un livre paru récemment, l'épidémiologiste Catherine Hill et la présidente de l'association de victimes Apesac estiment que la Dépakine et les autres formes de ce médicament ont fait au moins 14 000 victimes. Si aucune estimation officielle exhaustive n'est encore disponible, ce chiffre fait froid dans le dos. Maitre Vincent Julé Parade, Avocat engagé aux côtés des victimes d'erreurs médicales et de médicaments défectueux, revient sur ce scandale.

Victime de médicaments défectueux : La DEPAKINE

De toutes les épreuves de la vie qui peuvent frapper une famille, avoir un enfant souffrant de malformations ou touché par des troubles du développement est certainement l'une des plus douloureuses. On ne peut qu'être profondément touché par la détresse de celles et ceux qui sont ainsi frappés.

L’affaire de la Dépakine, devenue aujourd’hui un scandale sanitaire, illustre parfaitement l’injustice que vivent des milliers de familles françaises mais aussi de familles du monde entier.  

Une récente étude parue à l’appui d’un livre pose un chiffre effrayant : celui de 14.000 victimes de ce médicament, présenté comme miraculeux pour les femmes atteintes d’épilepsie, mais finalement tragique pour celle qui furent sous traitement au cours de leur grossesse.

Selon cette étude inédite conduite par l'épidémiologiste Catherine Hill, qui fut la première à évaluer le désastre du Mediator, "14.000 personnes ont présenté des atteintes causées par l'exposition in utero au valproate de sodium [le principe actif de la Dépakine]". Parmi elles, des adultes (la molécule a été commercialisée à partir de 1967), des adolescents, des enfants et même des bébés, tous nés de femmes épileptiques ou bipolaires (le produit est indiqué dans le traitement de cette maladie sous l'appellation Dépakote ou Dépamide).

Vendu par Sanofi depuis 1967 sous cette marque, le valproate de sodium est un excellent remède pour traiter l'épilepsie. Il est aussi prescrit sous le nom de Depakote pour les troubles bipolaires. Mais à partir d'indices inquiétants, au mitan des années 2000, des études scientifiques font le lien entre le valproate et une série de troubles cognitifs: QI faible, difficultés de langage, autisme.

Mobilisation des associations de patients

Pourtant, il faut attendre la mobilisation en avril 2015 des associations de patients pour savoir la vérité : la Dépakine est un bon médicament pour la patiente, mais un poison pour le foetus: 11% des enfants sont atteints de malformations, 30 à 40 % de troubles neurologiques.

De grand doutes sur le silence du groupe Pharmaceutique existent. Des études scientifiques ont su mettre en exergue les risques d’une prise de ce médicament lors d’une grossesse. Rien n’y à fait, le laboratoire et les autorités sanitaires se sont abrités derrière l’absence de certitude du lien de causalité pour taire une vérité pourtant bien pesante.

Il faut bien avouer que les enjeux financiers pour le Groupe SANOFI étaient gigantesques : le Dépakine est commercialisée à travers le Monde et demeure l’un de ses produits phares. Le principe de rentabilité aurait-il eu raison du principe de précaution ? Le doute est permis et particulièrement insupportable pour les familles qui paient quotidennement le prix de ce silence coupable.

Aujourd’hui, les victimes de ce désastre sanitaire demandent des comptes.

Les mères qui ont eu le malheur de prendre ce traitement antiépileptique lorsqu’elles sont tombées enceintes subissent pour certaines d’entre elles quotidienne le prix d’un silence coupable.

Personne ne les a alertées du risque qu’elles prenaient pour leur enfant. Personne ne les a informées que, pour une épileptique sous traitement, une grossesse doit nécessairement se planifier.

Action en reconnaissance de la dangerosité du médicament défectueux

La Justice devra leur permettre d’obtenir la réparation nécessaire mais aussi la reconnaissance de la vérité sur les causes de leur malheur. Le précédent du Médiator a indiscutablement permis de mettre à mal la toute puissance financière des laboratoires.

Des actions des groupes doivent être lancer. Les victimes devront se battre pour obtenir la réparation de leurs préjudices, l’indemnisation indispensable à leur survie. Elles devront aller d’expertise en contre-expertise, démontrer le lien de causalité, la faute du laboratoire et peut-être même de l’Etat.

Le combat des victimes sera long et difficile.

Il est néanmoins nécessaire pour la moralisation des pratiques de l’industrie pharmaceutique.

Vincent Julé Parade avocat des victimes de médicaments défectueux est à votre écoute.

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